Haute-Garonne (31)

Musée Paul-Dupuy [Toulouse, 31]

Collection : Les arts décoratifs

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  • Olifant dit le cor de Roland -  Anonyme
  • Parement d'autel -  Anonyme
  • Grande réserve thériaque -  Anonyme

Les arts décoratifs

La collection des objets d’art de la ville de Toulouse, formée à l’origine par les saisies révolutionnaires exécutées au profit de « musée de Toulouse » et considérablement enrichie au cours du XIXe siècle, a été réunie en 1948 à celle constituée par Paul Dupuy et entrée grâce à sa générosité dans le patrimoine municipal. D’une grande richesse, elle s’ouvre sur les domaines les plus divers : céramiques (faïences, porcelaines, terres vernissées...), verreries, émaux, textiles, mobiliers, ferronnerie, orfèvrerie, ivoires... S’y ajoutent sa célèbre horlogerie, son armurerie et sa collecton d’instruments de musique.
Nous évoquons ici seulement ses principales sections.

L’horlogerie.

La collection d'horlogerie du musée Paul-Dupuy est constituée pour sa part essentielle des cent-trente pièces offertes en 1944 par Édouard Gélis à la ville de Toulouse, un ensemble magnifique, patiemment réuni tout au long d'une vie de recherche et aussi de sacrifices. L'amitié et les encouragements prodigués par deux grands amateurs du début du XXe siècle, René Olivier et Paul Garnier, avaient été déterminants pour la vocation du jeune Toulousain, et c'est lui qui fut chargé du catalogue de la collection léguée par ce dernier au musée du Louvre.
Couvrant une période allant du XVIe au XIXe siècle, sa collection, offerte de son vivant, sera publiée par ses soins en 1949, dans un ouvrage aujourd'hui rare et recherché, l'Horlogerie ancienne. Raymond Badiou, maire de Toulouse, la saluera comme l'une « des plus belles et des plus intéressantes d'Europe » et appellera tous les curieux des « créations du génie humain » à venir la découvrir. Une invitation que nous ne pouvons que renouveler.
Installée au musée Paul-Dupuy dans les meilleures conditions de conservation, la collection d'Édouard Gélis, augmentée des acquisitions nouvelles.

Le mobilier.

La grande salle du rez-de-chaussée est occupée par une pharmacie dont l'élément majeur est le droguier des Jésuites de Toulouse, réalisé en 1632 par Loïs Behorri. Ce meuble imposant, complété d'un cabinet à deux corps du maître Jean Escoubé, est garni de faïences des XVIIe et XVIIIe siècles provenant en majorité des ateliers de Montpellier et de Toulouse. Cruches, pots canons, albarellos et chevrettes s'alignent sur les étagères et côtoient les mortiers, la verrerie et les étains médicaux. Une grande réserve à thériaque, médicaments aux pouvoirs universels, trône au milieu de cet ensemble. Datée de 1624 et de dimensions exceptionnelles pour un récipient en étain, elle est gravée de motifs floraux, de scènes champêtres et de personnages scientifiques célèbres.
Le musée possède également un ensemble précieux de buffets, tables, consoles et éléments de salon allant du XVIe au XIXe siècle. Il a pu acquérir en 2008 l’ensemble du mobilier du château de la Reynerie (du XVIIIeme siècle)

La céramique.

Parmi les grands ensembles géographiques décrits par les historiens de la faïence, la région ayant Toulouse pour métropole – nous ne pouvons nous résoudre à la désigner sous le nom si peu évocateur de Midi-Pyrénées -, prise entre les centres prestigieux de Montpellier à l’est, et de Bordeaux et Samadet à l’ouest, n’a bénéficié des faveurs que de quelques chercheurs passionnés. Au premier rang de ceux-ci, nous plaçons Félix Mathieu dont le nom n’apparaît pas seulement dans nos bibliographies mais aussi dans la liste des bienfaiteurs de notre musée... En 1982, une nouvelle approche de la question concernant Toulouse, à la lumière de connaissances nouvelles, a été proposée par Georges Savès, Georges Fouet et Marie-Louise Galinier. En 1994, le musée Paul-Dupuy a réuni à son tour de nombreux chercheurs pour une nouvelle mise au point, touchant à l’ensemble de la faïence régionale.
La plupart des pièces présentées proviennent en effet des ateliers de la région toulousaine, lesquels ont ouvert leurs portes pour la plupart au XVIIIe siècle : Toulouse, Martres-Tolosane, Auvillar, Montauban, Ardus, Negrepelisse, Moncaut... Encore très mal connues du public en dépit de leur qualité et de la diversité de leurs décors, ces productions ont néanmoins bénéficié par le passé d’un succès attesté par leur exportation lointaine.

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