Petit-fils et fils de tailleurs de pierre reconnus à Moissac, André Abbal est « né, dit-on, un marteau à la main » . Même s’il s’adonne au modelage à ses débuts, pétrissant la glaise dans le goût de l’époque, il garde la nostalgie de la pierre (Génie Luttant, 1913). A la fin de la guerre, le sculpteur décide de ne plus perdre de temps et de répandre autour de lui, ce qu’il pense être la « Vraie Sculpture » qu’il appela la Taille directe. Sa quête effrénée lui vaudra le surnom d’«apôtre de la taille directe».
« Vous me demandez ce qu’est la vraie sculpture ; je ne saurais mieux vous répondre que ne ferais n’importe qui, même un enfant ! Il n’y a de vraie sculpture que faite avec un bon ciseau et un maillet agile ».
L’esthétique d’André Abbal s’inscrit dans la mouvance figurative classique, celle des sculpteurs soucieux de rester fidèles à la figure tout en réinterprétant la nature à partir des lois de l’époque classique. Il tint une place à l’échelle nationale et fut très présent lors de l’Exposition des Arts Décoratifs de 1925 et de l’Exposition Internationale de 1937 avec des œuvres comme La Sculpture ou le Labour. Cette dernière manifestation est d’ailleurs l’illustration même d’un classicisme triomphant au sommet de sa gloire.
Rose Fernandes
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